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LA GUERRE DE COLOBANE AURA-T-ELLE LIEU ? 2012

Posté par: MAKI NDIAYE| Jeudi 23 février, 2017 17:02  | Consulté 197 fois  |  0 Réactions  |   

Une des raisons majeures pour lesquelles un parti ne procède pas diligemment au renouvellement de ses instances est l’application intelligente de cette maxime selon laquelle les changements sont plus propices quand le parti exerce le pouvoir et les élections suffisamment éloignées. Quand le parti exerce le pouvoir, les frustrés sont moins enclins à quitter le navire et plus disposés en représailles à recommander des votes-sanctions, et ce risque est moins grand à mesure de l’éloignement des élections. Le PS est donc dans une période favorable pour se choisir son nouveau leader d’autant que les risques d’éclatement seront faibles en proportion de l’idée que les différents protagonistes au sacre se seront faites de la régularité du processus de désignation. Et cela, certains leaders en sont si convaincus qu’ils essayent de bouleverser en tapinois le calendrier de l’homme en chef, Tanor DIENG. La dernière sortie à la hussarde de Malick Noël SECK lui intimant avec la foi du charbonnier de tirer sa révérence est loin d’être innocente. Plus que d’être une idée la plus communément partagée chez les socialistes, elle est le témoignage et la riposte par son entremise d’une velléité de saborder le plan ourdi par Tanor par ceux-là même, forts de leur convictions que Tanor prépare sa succession. Qui ne l’aurait pas fait ? N’importe quel leader émet le secret souhait de se faire remplacer par le dauphin qu’il s’est choisi en toute souveraineté afin de pérenniser son œuvre à travers un héritage qui exalte son ego ; si on n’a pas un fils déluré comme Karim WADE, on choisit un fidèle. La bande des SALL l’a si bien compris, eux, Khalifa et Aïssata TALL, qui ont beau jeu d’aller derechef au congrès, n’eut été la volonté du maître des céans de leur couper l’herbe sous les pieds et de mettre à son candidat le pied à l’étrier. Ainsi, il laissera à son candidat le temps de se faire des appuis politiques et financiers, de bénéficier d’une expérience gouvernementale, ce qui lui faisait défaut jusqu’au 4 avril 2012, date de nomination des membres du gouvernement de Macky SALL et dont Khalifa SALL et AÏssata SALL peuvent se prévaloir, de mieux se faire connaître des sénégalais, de lui trouver des béquilles solides au sein du PS dont l’avant-garde est déjà constituée d’Aminata Mbengue NDIAYE pour contenir les femmes, de Barthélémy DIAS pour les jeunes et d’Aly Haidar qui ne devrait pas mettre du temps pour diluer son parti dans le PS si ce n’est déjà fait. Il est déjà étonnant que cette égérie du PS, Aïssata TALL SALL n’ait pas été coptée dans l’actuel gouvernement ou au bureau de l’assemblée nationale, ne paye-t-elle pas de sa liberté de ton lorsqu’elle affirmait peu avant l’élection présidentielle de 2012 que le PS n’avait pas de candidat naturel ? Et il est encore plus étonnant que le choix des leaders devant siéger au gouvernement de M. MBAYE n’ait pas été discuté en bureau politique. Un véritable coup de Jarnac qui dévoile les intentions du chef. Qu’a-t-il au juste contre celui qui est pressenti, à juste titre d’ailleurs, pour lui succéder ? Le fait de s’être peu investi en 2012 au point d’avoir été devancé par le PDS, l’APR et L’AFP –suprême humiliation- dans la capitale où il est maire ; la vengeance est un plat qui se mange froid, et Khalifa SALL a certainement dû se demander ce qu’a fait Tanor pour lui en 2009 quand il accédait à la mairie de Dakar? Ou est-ce tout simplement le syndrome qui affecte la deuxième personnalité d’un parti au moment fatidique ? De SENGHOR à DIOUF, de DIOUF à WADE, l’histoire nous apprend que le numéro 2 n’a jamais fait bonne figure, encore que Khalifa SALL n’est pas le numéro 2 du PS, mais incontestablement son statut de maire lui donne une envergure politique que ses challengers n’ont pas. Et c’est certainement ce qu’entendait réparer Tanor en procédant à un rééquilibrage des forces. Celui qui est sur le pavois du PS est Serigne Mbaye THIAM, celui-là même qui a remplacé en 2012 le directeur de campagne de 2007, en l’occurrence Khalifa SALL. Et c’est certainement pour contrebalancer la force de frappe financière et politique de ce dernier que Tanor l’a mis en selle pour un poste de ministre de l’enseignement supérieur là où les socialistes déclamaient qu’il n’avait pas le profil de l’emploi. C’est connaître très peu Serigne Mbaye THIAM, qui fut lauréat du concours général sénégalais, une lumière qui doit son ascension, beaucoup plus à son génie qu’à la persévérance de Khalifa SALL, à son talent plus qu’à la constance de celui-ci. On lui reconnait d’ailleurs une solide compétence et une certaine probité morale, chose pour laquelle certainement, il fut désigné Président de la commission de lutte pour la transparence des élections de Benno Siggil Sénégal, la coalition regroupant principalement le PS et l’AFP. Il a bien sûr du répondant en face surtout avec Aïssata TALL SALL, la duettiste de Khalifa SALL, tous deux véritables rhétoriciens et d’une faconde jamais controuvée dans le champ politique, à l’exclusion d’Abdourahim AGNE et dans une moindre mesure de Djibo Ka. Peut-être est ce la raison pour laquelle ces deux Cicéron se sont retrouvés dans l’attelage gouvernemental après la débâcle du PS en 2000. Pour en revenir à nos socialistes, pas de Khalifa SALL et de Serigne Mbaye THIAM ; mais d’Aïssata TALL SALL et Serigne Mbaye THIAM, bien qu’ils ne soient pas concurrents directs – Mme SALL étant à coup sûr du camp de Khalifa, et apporte à celui-ci ce qui lui fait défaut lorsqu’il fait face à M. THIAM- c’est que la force de l’un fait la faiblesse de l’autre et inversement. Tous deux sont à n’en pas douter de grands rhéteurs, et tous deux ont occupé des postes de chargé de communication ou de porte-parole, mais si l’un est fort dans la communication de masse, l’autre l’est dans celle dirigée vers une élite ; si l’un est plus vindicatif dans ses propos , Aïssata TALL SALL est avocate, l’autre est plus conciliant, si l’un est plus démagogique, l’autre est plus scientifique, Serigne Mbaye THIAM est expert comptable. Mais le plus gros boulet qu’elle traîne certainement, et que son intérêt bien compris lui recommande de se mettre en arrière-plan, derrière khalifa SALL, c’est le masochisme de notre société.
Voilà les couleurs sous lesquelles s’annonce la guerre au Parti socialiste. Aura-t-elle lieu ? Les protagonistes ont déjà peinturluré leurs visages des couleurs d’une rude bataille qui s’annonce sans merci. Il ne reste plus qu’à siffler le début officiel des hostilités que souhaite l’équipe des SALL avant la venue des élections locales et avant la prétention pour le parti du Président Macky SALL de prendre ce qui lui revient de droit, savoir la mairie de Dakar. Sous ce rapport, Tanor n’hésiterait pas une seconde à mettre son sabre au clair en pleine intelligence avec le Président pour étêter la mairie actuelle de Dakar. Ce serait un très mauvais scénario pour le prétendant à la présidence du PS de se voir retirer cet énorme fromage avant qu’il ne soit confortablement installé à la tête du parti. Et le cas échéant, il vaudra mieux pour lui de revoir ses ambitions à la baisse. Et Ousmane Tanor DIENG, juge et partie ne verrait pas d’un mauvais œil la disgrâce d’un maire trop encombrant par rapport à son « projet de dévolution monarchique ». Il est à parier qu’il retardera ces échéances de la façon la plus longue possible de façon que son ami s’aguerrisse et que son ennemi se flétrisse. Or cet ennemi ne semble pas pour le moment résigné à combattre cela d’homme à homme, sinon par personne interposée. Mais la question est surtout de savoir pourquoi les SALL n’ont pas porté la mise à mort de Tanor après sa troisième bérézina, 2000, 2007, 2012 et ils savent que rien ne devrait changer aussi en 2017, de plus le temps est en leur défaveur. C’est que Khalifa SALL est conscient de sa capacité de nuisance, Aïssata l’en est moins. Mais tous deux savent que le PS a été moulé suivant son schème du comité central au bureau politique et qu’une attaque frontale peu s’avérer périlleuse, la preuve, le coup d’épée dans l’eau de Noël SECK est parti d’un mouvement de soutien et non d’une instance du parti . A moins d’un coup de pouce de la Providence, le camp de Tanor fera un coup de Trafalgar aux SALL, trop attentistes, trop timorés. L’hallali sera bientôt sonné. 
MAKI NDIAYE 2012

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MAKI NDIAYE
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